Réforme des retraites

Incidence sur la durée de travail des salariés ?

Cette réforme va considérablement reporter l'âge de départ à la retraite à taux plein. Ces nouvelles mesures vont se cumuler aux dispositions du décret du 2 juillet 2012 (1). L'âge légal de 62 ans n'est pas modifié, en revanche la durée de cotisation l'est indéniablement. Cela implique indubitablement un recul de l'âge de départ en retraite.

Ainsi, la durée d'assurance nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein à partir de 2020, augmentera d'un trimestre par an et passera ainsi à 43 ans en 2035.

Année de naissance ----------- Nombre de trimestres devant être cotisés
1958 - 1959 - 1960 ------------ 41 ans et 3 trimestres
1961 - 1962 - 1963 ------------ 42 ans (soit 168 trimestres)
1964 - 1965 - 1966 ------------ 42 ans et 1 trimestre
1967 - 1968 - 1969 ------------ 42 ans et 2 trimestres
1970 - 1971 - 1972 ------------ 42 ans et 3 trimestres
1973 et les générations suivantes au moins 43 ans (soit 172 trimestres)
(contre 166 trimestres depuis la réforme de 2012, et 165 trimestres depuis 2010)

Comment la pénibilité va-t-elle être prise en compte ?

Dès 2015, un compte personnel de la prévention de la pénibilité sera créé, à destination de chaque salarié du secteur privé exposé à des conditions de travail réduisant son espérance de vie.

Le salarié pourra cumuler des points, en fonction de son exposition à un ou plusieurs facteurs de pénibilité (ex : manutentions manuelles de charges lourdes, vibrations, travail de nuit mécaniques, bruit) :

1 trimestre d'exposition = 1 point crédité (plafond fixé à 100 points).

L'opportunité de ce dispositif apparait amoindrie car il ne permet pas de bénéficier d'une diminution de durée d'activité mais d'action de formation en vue de réduire la pénibilité de son travail (conversion des points en trimestre de formation : 10 points = 1 trimestre).

QUAND CASINOTIERS ET MUNICIPALITÉS MARCHENT SUR LA TÊTE

Le Casino d'Arcachon a subi une fermeture administrative dès le 4 juin, en des conditions totalement rocambolesques, puisque liée à un retard de passage en Commission supérieure des Jeux pour le renouvellement des autorisations de jeux. Les pouvoirs politiques locaux et la Direction du Groupe Partouche ont invoqué un argument fallacieux, arguant que la Commission supérieure des Jeux n'avait pas pu se réunir en mai, au regard des trop nombreux ponts. Alors, comment expliquer que le dossier complet n'ait été transmis que le 3 juin, si ce n'est à envisager une incompétence flagrante ?

"Gérer, c'est prévoir", nous connaissions tous les errements du Groupe Partouche sur le sujet (placé sous procédure de sauvegarde par le Tribunal de Commerce de Valenciennes et au cœur de diverses enquêtes judiciaires sur le Poker), force est de constater qu'en Mairie d'Arcachon, c'est un peu le même "bazar" organisé.

Malgré tout, le Casino a continué à ouvrir en toute illégalité.

Le 3 juin, la direction des courses et jeux prenait acte du maintien de l'ouverture sans autorisation du casino. La réaction prévisible ne se faisait pas attendre. Le 4 juin à 17h30, sur ordre direct du groupe, et au vu des risques encourus, il était procédé à la fermeture immédiate du casino.

Le spectre de la lamentable fermeture du Casino de Beaulieu, renaissait de ses cendres. Force Ouvrière, par l'intermédiaire de son délégué syndical, Patrick Régnier, se devait de

réagir vite, afin de protéger le sort des salariés. Ainsi, dès le 5 juin, ce dernier obtenait un entretien avec Ari Sebag, et arrachait de haute lutte un accord de principe quant au maintien des salaires pour tous les employés.

S'ensuivit une importante campagne de communication dans les médias locaux, afin que l'information sur la responsabilité conjointe du groupe et de la municipalité soit mise à jour.

Un comité d'entreprise extraordinaire a été convoqué le 10 juin, au cours duquel on demandait à nos représentants de donner leur accord pour un recours au chômage partiel, avec une durée qui pouvait aller de quelques jours à quelques semaines, selon les termes utilisés dans la rédaction du procès-verbal. Il était hors de question pour Force Ouvrière de signer un document plongeant les salariés dans la précarité. Patrick Régnier a refusé de signer ce chèque en blanc à sa direction car en aucun cas, et contrairement aux engagements pris, le maintien de salaire n'était évoqué. La réunion du CE a ainsi été reportée au mercredi 12 juin.

Le lendemain du passage en commission, et après l'obtention de l'accord pour la réouverture du casino qui a eu lieu le mardi 11, Force Ouvrière a signé le PV de CE, en échange d'un accord sur le maintien intégral des salaires pour tous les employés, et sur toute la durée de la fermeture du casino.

Félicitons Patrick qui, par son action courageuse, a permis de protéger efficacement les intérêts des salariés du Casino d'Arcachon, en total respect des valeurs portées par la FEC FO et la Section Fédérale des Casinos.

FO S'INVITE CHEZ PARTOUCHE

Le mercredi 10 avril 2013, se tenait à Paris l'assemblée générale des actionnaires du Groupe Partouche. Dans un précédent article, nous vous avions informés sur la gestion désastreuse du Groupe, se traduisant notamment par un plan social au sein du casino de Bandol sacrifiant 19 emplois. Depuis, une filiale "Partouche financière" fait l'objet d'une procédure de sauvegarde prononcée par le Tribunal de Commerce de Valenciennes. Ceci n'a fait que renforcer les inquiétudes sur le second opérateur du monde des casinos français.

fosinviteEn conséquence, le Bureau de la Section Fédérale des Casinos a décidé d'une action symbolique, en organisant une manifestation devant l'assemblée générale et une distribution de tracts aux participants. Cette action coup de poing a créé un profond malaise au niveau des instances du Groupe, et nous avons bénéficié de l'oreille attentive des petits porteurs, inquiets pour leurs économies. Un certain nombre d'élus FO ont participé à cette manifestation.

Plusieurs membres du Directoire sont venus à notre rencontre, et nous avons pu leur faire part de nos revendications profondes. En fin de matinée, un déjeuner de travail s'est tenu, durant lequel nous avons pu aller au fond des problèmes.

Afin de ne pas rester sur de simples déclarations de bonnes intentions, nous avons décidé d'adresser un courrier de synthèse au président du Directoire, courrier que nous joignons à cet article.

Monsieur le Président du Directoire,

Nous vous adressons ce courrier à la suite du déjeuner de travail que nous avons eu le 10 avril, en marge de l'action que nous avons menée. Lors de ce déjeuner, les membres du Bureau de la Section Fédérale des Casinos Force Ouvrière, tenaient à vous faire part de revendications profondes.

Tout d'abord, nous désirons que le dialogue social prenne son véritable envol au sein du Groupe Partouche, et pour se faire, la création d'un comité de Groupe est une étape essentielle. Dès les réunions liminaires, nous vous avons rappelé notre volonté de voir une structure similaire à celle déjà opérationnelle dans le Groupe Barrière, avec un Délégué syndical de Groupe. Cette revendication a été écartée et en l'état actuel, nous ne serons pas signataires du texte proposé. C'est en ce sens que nous vous avons demandé de revoir votre position sur ce sujet, qui est incontournable à nos yeux.

Ensuite, nous vous avons entretenu sur le plan social actuellement en cours au sein du Casino de Bandol. Nous considérons que le manque d'investissements est en partie responsable de la situation actuelle, au surplus dans un marché devenu plus concurrentiel depuis l'ouverture du casino de la Seyne-sur-Mer. Ce plan est un plan a minima, et nous vous avons demandé, avec insistance, des indemnités supplémentaires décentes. Il en va de la dignité des salariés et du respect qu'ils sont en droit d'attendre de leur employeur. Sur ce point, nous attendons un geste fort de votre part.

Nous avons également longuement débattu de la procédure de sauvegarde et de l'apparition de fonds de pension au capital. Nous pensons que ce type de structure vampirise les entreprises et met en musique le démantèlement des avantages octroyés aux salariés. Nous serons particulièrement vigilants sur ce point, comme nous l'avons toujours été. Nous pouvons comprendre que votre Groupe traverse une période difficile, mais passer ce cap ne pouffa se faire au détriment de vos salariés. C'est une question d'équilibre et de justice sociale. C'est d'ailleurs en ce sens que vous nous avez assuré qu'aucun plan social ne serait mis en place sur les casinos de Palavas ou Arcachon, ce dont nous prenons acte. Nous sommes totalement ouverts à votre volonté de communiquer avec notre organisation syndicale afin d'expliquer la politique du Groupe pour les années futures.

Vous avez déploré le fait de ne pas avoir eu de contacts plus fréquents avec Force Ouvrière, afin de débattre ouvertement des problématiques en cours, et de l'avenir de nos métiers. Sachez que nous sommes totalement ouverts à ce type de démarches qui tombent pleinement dans le cadre des prérogatives d'un Délégué syndical de Groupe.

Nous attendons un geste fort sur les problématiques dont nous avons débattu, qui pourra permettre de renouer les fils du dialogue social.

En l'attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président du Directoire, l'expression de nos sentiments les meilleurs.

Le Bureau de la Section Fédérale des Casinos

Maintenant, nous attendons un geste fort de la part des dirigeants du Groupe Partouche, faute de quoi nous continuerons à travailler pour créer les bases d'un rapport de force qui s'avérera nécessaire, tant les intérêts des salariés de la Branche des Casinos sont, quotidiennement, taillés en brèche. Mais le Groupe Partouche n'est pas le seul à être mis à l'index. Barrière n'est pas plus vertueux dans sa gestion sociale du groupe éponyme.

Nous venons d'adresser un avertissement fort aux casinotiers et Force Ouvrière se montrera inflexible sur la défense de nos métiers et de nos emplois.

A bon entendeur...

 

 La « crise » n’est pas vécue de la même manière par tout le monde, indignez-vous !

 la mort des jeux traditionnels par FOenghien

 

MORT DES CASINOS À LA FRANÇAISE : SARKO EN A RÊVÉ, HOLLANDE L'A FAIT !

Un nouvel arrêté est venu modifier la règlementation des jeux, négociée entre un gouvernement et des syndicats patronaux, alliés de circonstance. Nous nous étonnons de la rapidité avec laquelle le gouvernement a adopté ce texte, à la suite du courrier larmoyant que les organisations patronales ont adressé au Premier Ministre.

Ce dernier va entraîner, de facto, des répercussions sur nous les salariés, nos rythmes de travail et la pérennité de nos CDI à temps plein. En effet, ce texte introduit le découplage des horaires d'ouverture entre les jeux traditionnels et les machines à sous.

Les jeux traditionnels devront à l'avenir, être exploités de la façon suivante :

  • -  de 75 machines à sous : 4 heures d'exploitation par jour ;
  • + de 75 machines à sous : 6 heures d'exploitation par jour.

Cette disposition pose clairement le problème des emplois à temps plein dans le secteur des jeux traditionnels :

 Que va-t-il advenir des salariés de salles de jeux dont l'exploitation sera réduite, et qui bénéficiaient jusqu'alors d'un temps plein ? Vont-ils voir leurs contrats réduits à due proportion (ainsi que leur rémunération) en raison d'une modification substantielle ? Vont-ils devenir polyvalents (et corvéables à merci) sur le différentiel d'heures à effectuer, sur des postes moins qualifiés ou n'ayant rien à voir avec leurs compétences propres?

 Le risque est également de fractionner les plages d'exploitation et de faire travailler les salariés avec une coupure selon le modèle de la grande distribution.

Nul doute que les patrons de casinos vont s'engouffrer dans cette brèche, n'hésitant pas à précariser encore plus les salariés de notre Branche Professionnelle. Pour tous les salariés que représente Force Ouvrière, "le changement c'est maintenant", et cette promesse électorale est bel et bien respectée, mais pas dans le sens ou nous l'attendions.

L'approche est paradoxale pour un gouvernement qui a fait de la lutte contre le chômage l'une de ses priorités.

F. Hollande vient de signer l'arrêt de mort des jeux traditionnels et portera la responsabilité directe des emplois qui seront supprimés dans la Branche.

Par ailleurs, de nouvelles autorisations de jeux sont octroyées, pour "la Bataille", ou les versions électroniques des jeux traditionnels. Ces jeux "crétins" et particulièrement addictifs, entraînent une perte de savoir faire.

Un salarié sans compétences est forcément un salarié mal rémunéré.
Voilà le seul but visé par un patronat aussi cupide que peu scrupuleux.

Demain, les casinos français deviendront des hangars à machines à sous, dédiés aux jeux rapides, automatiques et ultra-addictifs, sonnant le glas du modèle de "casino à la française". Nos entreprises ne proposeront plus un panel d'activités équilibré entre machines à sous et jeux de tables, assorti d'un véritable accueil du client. Non, elles s'orientent avec détermination vers une activité économique automatisée et impersonnelle dans le seul but de plumer aussi bien les clients que les salariés, comme le fait depuis des années la Française des Jeux.

Mais faut-il réellement s'étonner de la rapidité des différents gouvernements à accéder aux demandes des vertueux casinotiers et, de manière plus large, à celle du MEDEF ?

Assurément non, surtout dans un contexte où :

 des politiques sont mis en cause dans des affaires de fraude fiscale ou de prises d'intérêts ;

 Médiapart révèle les bonus distribués sur le site de Partouche, dont une partie à destination des directeurs de casino ;

 des tournois de Poker de renommée mondiale sont supprimés en raison du scandale lié au prize pool, supérieur au plafond fixé par la réglementation française ;

 certains dirigeants s'octroient plus de 138 % d'augmentation annuelle, alors qu'en parallèle ils mettent en place des plans sociaux infondés, comme à Bandol ;

 l'ANI menace la pérennité des CDI.

Nous n'avons heureusement pas la même vision de la Justice sociale et de la probité, et jamais le dicton "on ne prête qu'aux riches" n'aura été aussi  ignominieusement appliqué.

Force Ouvrière est et sera toujours aux côtés de ces salariés qui souffrent, parce qu'ils sont injustement licenciés, mal rémunérés, précarisés ou floués dans leurs droits.

Force Ouvrière se battra corps et âme pour protéger nos emplois contre les ignobles attaques patronales et gouvernementales menées de concert.

Pour les salariés de la Branche des Casinos,
tout ceci est honteux !

 


COMMISSION PARITAIRE DES 18, 19 ET 20 JUIN 2013 : FO POSE LE PROBLÈME DE LA PÉNIBILITÉ

Lors de la dernière paritaire, des discussions se sont engagées afin de renouveler l'accord de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Ce sujet déterminant permet d'améliorer les conditions de travail pour tous les salariés de la Branche.

Force Ouvrière a, en ce sens, introduit une proposition d'accord, qui est directement axée vers l'aménagement des fins de carrière au regard de la pénibilité du travail de nuit et des rythmes décalés. Les autres organisations se situaient davantage dans la mise en place d'un accord cadre, renvoyant à des négociations d'entreprise. Force Ouvrière ne veut pas d'une négociation fleuve, qui a démontré de son inefficacité dans le cadre de l'accord précédent. Nous voulons du concret.

La reconnaissance de la pénibilité est l'une des revendications prioritaires des salariés, et Force Ouvrière est la seule organisation syndicale à travailler en ce sens. C'est pour cela que nous avons notamment introduit les propositions suivantes, en termes de départs anticipés :

Les mesures favorisant une politique de départs anticipés peuvent permettre une mise en adéquation des effectifs, avec les besoins réels de l'entreprise. Par ailleurs, de telles mesures peuvent permettre de lutter contre la pénibilité constatée dans certaines filières métiers.

 Cotisation retraite

Le rachat des trimestres manquants notamment pour les salariés ayant suivi de longs cursus scolaires et universitaires, peut être une politique d'accompagnement efficace, dans le cadre des départs anticipés. Dans ce contexte, la Direction pourrait contribuer à ce rachat en partenariat avec les salariés concernés.

 La préretraite d’entreprise pour les salariés exposés à un travail pénible.

Le départ en retraite se prépare, tant pour le salarié, que pour l'entreprise. Dans le cadre de ce mécanisme, le salarié âgé de 55 ans (exposé à la pénibilité selon les critères fixés par l'Observatoire) et disposant d'une ancienneté de branche de 25 ans, pourra demander son passage à mi-temps ou à 3/4 temps :

_ - Mi-temps : dans ce cadre, la Direction s'engage à maintenir 80% de la rémunération jusqu'au départ du salarié, prendra en charge les cotisations salariales et patronales aux régimes de retraite complémentaires sur la base du salaire intégral reconstitué, et maintiendra le niveau de protection sociale complémentaire (prévoyance et frais de santé).

_ - 3/4 temps : dans ce cadre, la Direction s'engage à maintenir l'intégralité de la rémunération jusqu'au départ du salarié, prendra en charge les cotisations salariales et patronales aux régimes de retraite complémentaires sur la base du salaire intégral reconstitué, et maintiendra le niveau de protection sociale complémentaire (prévoyance et frais de santé).

 Compte Epargne Temps

Mise en place d'un CET de portée conventionnelle dit de fin de carrière pour les salariés de plus de 50 ans, avec 15 ans d’ancienneté minimum dans la Branche.

Sur ce CET, les salariés pourront abonder les heures supplémentaires, les jours de congés payés ou de récupération non pris, et les utiliser pour anticiper la date de leur départ en retraite. Les salariés les plus âgés, au regard de la pénibilité liée au travail de nuit, au port de charges lourdes, aux rythmes décalés, doivent pouvoir être soulagés dans le cadre de leurs fonctions internes en utilisant les moyens suivants : aménagements de poste, aménagement d'horaires, passage en travail de jours…

De part l'introduction de notre projet, la donne a profondément changé en commission paritaire. Nous avons obtenu l'assurance que les organisations syndicales de salariés, travailleront sur un projet commun, reprenant les revendications de chacun (sur les trois projets initialement présentés). Autant vous dire, que nous serons fermes afin d'obtenir de réelles avancées sur la question de la pénibilité.

Nous vous tiendrons informés de l'évolution des débats sur ce sujet, qui est déterminant pour notre avenir professionnel